(Sous l'égide d'un nom de "journaliste" cher à Léa Silhol... )
De l'utilité des revues de presse ?
Avouons-le, il s'agit ici de céder à la compulsion fétichiste consistant à réunir
tout ce qui se dit et s'écrit, ici et là, sur les oeuvres de la Tisseuse !
Cette revue de presse ne prétend pas être exhaustive, mais je tâcherai tout de même de la tenir aussi à jour que possible. On y trouvera
des extraits de la presse "classique", ou papier, et de la presse "virtuelle", en ligne.
Les oeuvres journalistiques ne rendent par ailleurs pas toujours la sélection facile, car certains commentaires de lecture sont parfois si ambigus et si difficiles
à déméler, que l'on est pas certains que ceux qui les ont rédigés aient su eux-mêmes ce qu'ils souhaitaient écrire.
Aussi y aura-t-il probablement des liens entre cette section et la Critique des Critiques.
Une revue de presse donc, qui vous intéressera si vous êtes comme moi ardent compilateur, ou si, souhaitant vous-même rédiger un
papier sur la Tisseuse, vous aimeriez savoir ce qui a déjà été
écrit à son sujet.
Comme nous sommes ici dans les pages "blanches" consacrées à la Tisseuse, cette revue de presse ne traitera que de son travail d'écrivain. Il faudra consulter son analogue grise pour trouver la revue de presse de ses anthologies.
Les extraits de presse ci-dessous ont été autant que possible reproduits dans leur intégralité. La mention "extrait" figure sous ceux dont ce n'est pas le cas. En cas de reproduction de l'une ou l'autre de ces critiques sur un autre support, n'oubliez pas de mentionner les crédits qui leur correspondent respectivement.
Le Soir (Bruxelles) - Faeries - Site nooSFere - Site ActuSF.com - Le Fantastique.net/Khimaira -
Elégant et élégiaque. Deux épithètes pour le premier roman de Léa Silhol, auteure de nouvelles et éditrice avec sa belle maison l'Oxymore. Une écriture raffinée pour un chant romantique, nostalgique. La Sève et le Givre, c'est une chanson de geste, un long poème à la Chrétien de Troyes, une incursion sophistiquée en Féerie.
Le Soir - Bruxelles - 8 août 2003 (extrait)
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(...) La Sève et le Givre vous laissera subjugué. Fervente admiratrice de Tanith Lee, Léa Silhol marche déjà à ses côtés par sa richesse d'écriture, son inimitable style baroque. Son univers se dévoile lentement et augure d'autres perles. Vous l'aurez donc compris, La Sève et le Givre est un diamant de glace et de ténèbres à ne surtout pas manquer.
Faeries n°11 (extrait)
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"Moi qui parle la dernière, je vais clore cet oracle, et cela en écoutant la voix de la sagesse du grand âge. A ce qu'ont dit mes soeurs, je ne peux rien changer, mais voici ce que je dis : trois fois, donc, les tiens te renieront, mais l'élue te reconnaîtra-t-elle ? Il lui faudra pour cela passer trois épreuves, et elle-même se renier trois fois : renier ce qu'on lui a donné, renier ce qu'on lui a pris, et renier ce qu'elle est. Voici le prix pour que Finstern reste Finstern. Voici, oui, ma promesse : peut-être, et rien de plus."
C'est ce cette manière alambiquée que la troisième Parque fixe le sort de l'immortel Finstern, le neuvième Monarque d'Ombre, pour les sept cent prochaines années : la ruine pour son royaume et la mort pour lui, sauf si intervient l'amour d'Angharad, fruit de l'union interdite du Printemps et de l'Hiver, de la Sève et du Givre...
Avec ce premier roman,
Léa Silhol propose un livre "issu de cinq ans de recherche
au coeur du folklore celtique... et d'amour fou pour les traditions
féeriques écossaises". Elle s'est approprié
ce folklore, en y ajoutant des figures personnelles et en donnant sa
propre interprétation de certains personnages et mythes, comme
le montre l'indispensable glossaire de fin d'ouvrage auquel il sera
très utile de se référer en cours de lecture pour
mieux appréhender l'univers décrit, celui du Vertigen.
Le Vertigen, c'est une sorte de vertige, d'éblouissement,
qui survient quand on accède de notre monde, la Mortalité,
au Royaume de Féerie, ou encore lorsqu'on passe de l'une à
l'autre des dix-neuf cours de Féerie - sept en Lumière,
neuf en Ombre, trois en Crépuscule. Plusieurs des nouvelles des
Contes de la Tisseuse, recueil précédemment
paru chez Nestiveqnen, se plaçaient déjà
dans cet univers.
La force principale
des récits de Léa Silhol réside dans son style,
à la fois sombrement romantique et lumineusement lyrique. Car,
à l'image du titre, le roman est tout entier baigné de
contrastes entre Ombre et Lumière, entre noir et blanc... sans
que les personnages soient pourtant manichéens, ni Finstern dont
le destin est "de ne pouvoir jamais être le démon
ni l'ange", ni Angharad à la fois douce et cruelle.
Certains lecteurs amateurs de styles plus "directs" et moins
imagés éprouveront peut-être des difficultés
à entrer dans l'histoire - comme d'autres n'ont pas apprécié
les superbes Rêveries de Fabrice Colin dans son Winterheim.
C'est cependant peu probable, car la narration est rythmée, limpide,
poétique sans être emphatique, bref, beaucoup plus fluide
et agréable que celle de Tolkien par exemple.
Ainsi, La Sève et le Givre est un nouveau conte magique qui séduira tous ceux qui ont précédemment apprécié les nouvelles et les anthologies de la tisseuse Léa Silhol.
Pascal Patoz, le premier janvier 2003, site nooSFere
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Un roman étonnant dans le champ éditorial de la fantasy
Mais qui est Léa Silhol ? Grande prêtresse des éditions
de l'Oxymore, elle arrive à cumuler les deux casquettes de directrice
de collection et d'auteur. Avec la première, elle supervise régulièrement
des anthologies telles que récemment Traverses ou bien encore
le dernier numéro d'Emblèmes sur la mort. Avec la seconde,
elle livre régulièrement des nouvelles comme en témoigne
son recueil des Contes de la Tisseuse chez Nestiveqnen. Ajoutant une
corde à son arc, voici que sort au sein de sa propre maison d'édition
La Sève et le Givre, son premier roman.
La Sève et le Givre nous entraîne dans un pays de contes
et de magie. Dans un pays où il suffit de pas grand-chose pour
passer de l'autre côté du voile et découvrir que
les fées existent bel et bien et que chaque saison a son propre
royaume. Aussi lorsqu'un seigneur de l'hiver rencontre une belle du
printemps, l'improbable se produit, provoqué par l'amour. Leur
fille Angharad aura un bien lourd fardeau à porter, elle dont
le coeur se déchirera entre un père et son fils, de la
Cour de Dorcha. Mais plus que tout, ses actes et ses pas décideront
du futur de la Féerie dans son ensemble.
Principale caractéristique de ce roman, Léa Silhol a choisi
une narration entre le conte et la chanson de geste, avec ce que cela
comportera d'avantages et d'inconvénients dans le style. Un choix
qui rebutera ou enthousiasmera le lecteur suivant ses attentes et ce
malgré l'histoire au scénario à la fois classique
et innovant. Classique parce qu'avec ce style, on a l'impression d'avoir
déjà lu mille fois ce récit. Innovant parce que
ma foi, cette impression n'est étayée par aucun souvenir
tangible. Bref, un récit plutôt agréable si l'on
adhère à la narration.
Jérôme Vincent, site ActuSF.com
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En nous contant l'histoire d'Angharad, fille du printemps et de l'hiver, Léa Silhol nous entraîne dans une mythologie personnelle qui prend appui sur le folklore celtique.
Si l'histoire elle-même se perçoit à la lumière des contes et légendes classiques de la féerie, les personnages et le style de l'auteure en font une oeuvre toute particulière. On hésite entre une fragilité et une force destructrice. Lire ce roman est semblable à marcher sur un lac le premier jour de gel. Une sensation d'être ailleurs, d'être plongé dans l'amertume. Oppressé par une angoisse continue sans menace véritablement perceptible.
On est loin de l'Héroïc Fantasy et de ses armées de monstres, de sorciers et de guerriers. Ici l'encre ne se fait point sang mais semble s'être déposée sur les pages comme la brume recouvre les Highlands. Un premier roman pour l'auteure qui est une véritable oeuvre à part, assez difficile d'accès, mais marquée de très beaux moments de poésie et teintée d'une "darkness" qui rejoint bien l'univers de Léa Silhol. A noter la magnifique couverture de Ruby qui rend très bien le sentiment traversant l'oeuvre. Entre imaginaire sombre et lumières de Féeries.
Christophe Van De Ponseele, site LeFantastique.Net
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Après
Les Contes de la Tisseuse, ouvrage résolument fantasy,
ce deuxième recueil de Léa Silhol regroupe la plupart
de ses premières nouvelles, écrites depuis 1988 et avant
le passage au nouveau millénaire, dans des versions remaniées.
Ce sont douze nouvelles, douze "nuits de cendres",
chacune associée à une teinte particulière de gris
(argent, acier, fumée, perle, anthracite, etc.). Outre cette
unité chromatique, un fil conducteur les relient : elles sont
les histoires qu'un vieil écrivain raconte à la Mort,
durant "les Douze Nuits qu'a chantées Shakespeare, les
nuits qui s'étendent entre la Nativité et l'Epiphanie".
Douze contes destinés à retarder l'issue fatidique, à
l'image des récits de Schéhérazade, mais aussi
douze conversations univoques, destinées à enseigner à
la Mort les paradoxes de la vie humaine.
La Mort étant
le personnage pivot de ce recueil, la plupart des textes relèvent
du fantastique. Assassin est ainsi
une histoire très XIXe siècle de miroir et de double,
de schizophrénie et de culpabilité, pour exorciser "ce
fantôme qui écrit en moi". Lucifer
Opiomane décrit avec une élégance raffinée
la rencontre avec un diable aussi séduisant que Dorian Gray,
"un diable très... humain" qui prône "l'exploration
systématique du plaisir". Dialogue
avec les Ombres est une courte et anecdotique exploration
de ce que voient les chats dans l'invisible. Discours
direct : un baiser de vampire met en scène la métamorphose
spontanée d'un couple en vampires. Dans Une
Hécate et son chien, on croise une antique Sibylle
lassée de son immortalité et un célèbre
chien, pour une descente aux enfers d'un brillant classicisme. De
nuit, de glace, d'argent traite de la possibilité
de distraire - de séduire - l'Ange de la mort, ce qui en fait
la conclusion logique de ce recueil puisque c'est justement cette distraction
de la Mort qui en fait l'unité.
On rapprochera de ces six textes fantastiques deux autres récits
qui ne contiennent pas de réel élément surnaturel.
L'un est proche de l'horreur et montre qu'amour et folie peuvent conduire
à une mort terrifiante : Nos Funérailles.
L'autre relève davantage de la littérature générale
mais prend la valeur d'une fable "sans une de ces morales que
l'on donne aux contes d'enfants" : Le
Lied d'intransigeance étudie comment le caprice désespéré
d'une chanteuse d'opéra vire à l'obsession destructrice.
Quatre autres textes glissent progressivement vers la science-fiction. Maillon d'une Ancienne chaîne est une nouvelle à grand spectacle qui rappelle les aventures d'Indiana Jones : la découverte d'un tombeau égyptien pré-dynastique amène à reconsidérer la réalité des anciens mythes d'Horus et de Set et à y voir l'empreinte des "grands anciens". Sur la Terre comme au Ciel narre la création d'une chimère angélique à partir d'une séquence d'ADN trouvé à la fois dans une grotte de Mésopotamie et sur Alpha du Centaure. L'Ordalie des Matriarches met en scène une jeune fille qui refuse la souffrance que lui apporte son don psi et les rites imposés par une société matriarcale autoritaire, dans un récit très sensible qui rappelle certaines oeuvres de Joelle Wintrebert. Enfin, Xolotl est une nouvelle astucieuse et remarquablement construite où les rapports d'une petite fille et d'un dangereux animal, un bayshu, offrent une leçon inattendue à un personnage qui l'est tout autant.
Il n'est rien que le critique puisse dire de pertinent sur ces textes que Léa Silhol n'ait écrit elle-même dans une longue mais intéressante Postface de l'auteure intitulée Fins de siècle. De prime abord, ce texte où elle présente sa vie et son oeuvre peut apparaître manquer de modestie, voire virer au nombrilisme prétentieux, mais cette impression s'efface à la lecture car Léa Silhol s'y montre sincère, lucide et talentueuse. Dès lors, on ne peut qu'être d'accord avec ses analyses, surtout quand elle signale que son style d'alors est "pétri de cette stylistique XIXe dont j'étais, en ces temps, saturée jusqu'aux ongles" et que "tous ces textes ont quelque chose de déliquescent, qui a beaucoup à voir avec le feeling décadentiste".
Seuls deux textes m'ont
paru peu convaincants. D'une part Discours
direct : un baiser de vampire, un texte qui malgré
sa relative longueur n'apporte pas grand-chose de neuf au thème
et qui fait davantage penser à un exercice de style, à
un "travail de tâtonnements" comme le souligne
l'auteure elle-même. D'autre part, Nos
Funéraillesoù
le cheminement psychologique du personnage est présenté
de manière trop superficielle, trop brève sans doute,
pour me paraître crédible. Hors ces deux textes - hors
aussi le Maillon d'une Ancienne chaîne
qui constitue une exception très réussie à
l'absence d'action spectaculaire dans la plupart des textes de Léa
Silhol -, la voix de l'auteure est partout ailleurs chargée d'émotion,
d'un désespoir intériorisé, assimilé, dominé
pour créer plutôt que se pendre. Sa prose envoûtante
sublime une connaissance intime et poussée des mythologies humaines.
Un talent rare, justement distingué cette année par le
Prix Merlin, pour son excellent romanLa Sève
et le Givre.
Pascal Patoz, le premier décembre 2003, site nooSFere
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(Consulter la fiche du Livre)
Note : figureront également
ici les critiques liées à la première édition
de ce recueil,
pour une mise en perspective avec celles de la seconde.
Les différentes éditions sont identifiées par des
îcones issues de leurs couvertures originales :
Les Chroniques de l'Imaginaire - Le Fantastique.Net - Mauvais Genres -
Il
est toujours difficile de résumer en quelques mots l'essence
et l'histoire d'un roman. Cet exercice est encore plus périlleux
lorsqu'il s'agit d'une nouvelle - savoir en dévoiler assez, mais
pas trop, sur un court texte n'est pas la chose la plus aisée.
Mais, cela relève de l'acrobatie la plus abrupte lorsqu'on doit
le faire avec des nouvelles telles celles présentées dans
ce recueil. Des nouvelles qui plongent au coeur même de la Féerie
la plus pure. Je vais toutefois m'y essayer, en essayant de ne pas dénaturer
ce qui ne doit pas l'être.
La Gorgone Enfant nous plonge dans une prise de conscience de soi, où une jeune femme apprend à se découvrir. Elle ne s'est malheureusement jamais vue ; on dit en effet que son regard change en pierre tous ceux qui le croisent. D'ailleurs, toutes ses servantes ferment les yeux en sa présence. Seulement, le temps du choix est bientôt arrivé pour elle.
Les légendes aussi peuvent avoir des sentiments et des souvenirs. C'est de ceux-ci qu'est faite la nouvelle suivante, Un Miroir de Galets. Seulement, la nature profonde peut-elle être réellement modifiée par seulement quelques flashs qui reviennent ?
Dans Les Promesses du Fleuve, on comprend tout ce que le libre arbitre peut avoir d'intéressant. En effet, il n'est jamais courant de pouvoir réellement choisir son destin. C'est cependant ce qui va arriver à Aclis lorsqu'elle décidera de libérer le prisonnier que personne ne devait approcher.
Les Couleurs d'Automne, cependant, nous invitent plus à réfléchir sur ce que la lignée et le destin nous imposent au cours de notre vie.
En Tissant la Trame est un merveilleux récit où on voit un jeune homme, Absalon, obnubilé par la réussite sociale, et qui va pourtant s'ouvrir aux sentiments. Seulement, tous les pactes ont un prix, et, lorsqu'on essaye de s'y soustraire, les conséquences sont toujours plus fortes que les rancunes et les querelles.
Il faut toujours se méfier lorsque l'on rencontre par hasard une jeune femme A l'ombre des Ifs foudroyés. C'est ce que va découvrir à ses dépends Benjamin. Mais peut-être un peu trop tard. Cependant, le récit nous démontre aussi que les racines familiales sont toujours plus fortes que les rancunes et les querelles.
Un sujet toujours omniprésent reste le libre arbitre que l'on retrouve dans Le Coeur de l'Hiver, où on assiste à la naissance de Perséphone la Noire.
Il est bien dangereux de ne pas s'intéresser au folklore, surtout lorsqu'on vit dans un royaume réputé pour ses voisins : des Immortels. Frost nous montre à quel point les liens peuvent être lâches face à l'amour véritable, et que la compassion n'est pas forcément dans le coeur de ceux qui la revendiquent ouvertement.
La Loi du Flocon est un récit qui m'a énormément plu. Tout d'abord, il se déroule dans un Nippon fantastique. Puis, les valeurs énoncées me plaisent, peut-être parce qu'elles font cruellement défaut dans le monde contemporain ? Mais c'est aussi une fable à l'amour qui, s'il est sincère, permet de vaincre tous les obstacles que la vie peut mettre sur notre chemin.
Le Lys Noir est une nouvelle aux sensations paradoxales. A la fois tellement chromatique et pourtant si terne. Néanmoins, une chose est certaine : il existe des gens qui sont près à prendre de grands risques pour approcher, ne serait-ce qu'un seul instant fugace, la perfection dans leur art.
Runaway Train est, encore une fois, un merveilleux récit des liens qui peuvent exister entre deux êtres qui s'aiment. Need va tout faire pour faire aller son frère à Frontier, là où il sera véritablement chez lui. Et, en décidant de partir, elle prend le risque de ne jamais revenir elle-même. On découvre ici la première nouvelle qui amorce la série de Frontier que Léa Silhol nous dévoile par petites touches, ici et là.
A l'image de la Nuit, l'amour peut avoir un sens de l'humour particulier. C'est ce que vont découvrir les personnages de cette nouvelle, où on apprend qu'il n'est pas forcément bon de jouer avec des sortilèges visant à manipuler les sentiments, puisqu'ils ne font pas forcément ce que l'on attendait d'eux.
Enfin, pour clore ce recueil, une longue nouvelle, Le Vent dans l'Ouvroir. Celle-ci pourrait être une sorte de résumé, mais je préfère parler de prolongement, des autres nouvelles du livre. En effet, on y parle d'amour, de libre arbitre, de destinée et de filiation. Cependant, avec le talent de Léa Silhol, nulle répétition ou lassitude ne prend le lecteur de ces lignes. Il semble même découvrir des thèmes nouveaux, qui ne le sont pourtant pas entièrement.
Il faut aussi noter que le recueil est agencé en saisons. Trois nouvelles pour les quatre saisons, et l'éternité pour clôturer le tout. Et le cheminement de l'eau au milieu de tout cela.
Lorsqu'on plonge dans
les écrits de Léa Silhol, il faut s'attendre à
se noyer dans des histoires puissantes, poignantes, dont les racines
nous emmènent toujours au fin fond de nous-même, faisant
résonner des cordes parfois oubliées. C'est parfois même
à se demander si elle ne fut pas elle-même la muse des
premiers conteurs qui narrèrent ces histoires il y a de cela
fort longtemps.
On ne parle pas ici de simples histoires de fantasy ou fantastique,
mais de délectables mélanges, délicieux à
savourer. Puisant dans le théâtre et la poésie,
le conte et la nouvelle, la tête nous tourne de contentement en
parcourant les lignes de cet ouvrage.
Pour ceux qui connaissaient déjà Léa Silhol, et peut-être même la première édition parue aux éditions Nestiveqnen, ce livre ne peut être qu'un délice de plus. Pour les autres, il est une bonne entrée en matière pour découvrir l'univers de cet auteur qui ne peut laisser indifférent.
WongLi, le 17 février 2004, rubrique Roman Nouvelle du site Les Chroniques de l'Imaginaire
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Voici
enfin arrivée la nouvelle mouture des Contes de la Tisseuse,
dont l'édition précédente, sous-titrée Cinq
saisons et un élément, était épuisée
depuis quelques temps déjà. On retrouve dans ce recueil
une construction identique à celle de son prédécesseur
: quatre tryptiques, un pour chaque saison, chacune des douze nouvelles
ainsi présentées ayant pour élément commun
l'eau, sous l'une ou l'autre de ses multiples apparences.
L'eau est donc présente dans chacun de ces contes magnifiquement écrits. Que ce soit la mer, qui entoure l'île où vit la Gorgone Enfant ; la rivière, abritant la Roussalka d'un Miroir de Galets ; ou même la glace et la neige (Frost et Le Coeur de l'Hiver). L'élément aquatique en perpétuelle mutation sert ici de transition entre les destins des différents personnages de ces récits. Destins tragiques la plupart du temps, et dont les protagonistes sont le plus souvent des êtres mythiques. Outre la Roussalka déjà évoquée, on rencontre également une Banshee, des êtres Féeriques, des Dieux (Hadès, Perséphone). Et, dominant tout le recueil, les maîtres de cette Destinée, les Parques, qui interviennent à plusieurs reprises dans les différentes trames d'évènements qui nous sont racontés ici.
"Le Temps", représenté par un tryptique millénariste et apocalyptique mettant en scène des anges, était à l'origine la cinquième saison traitée. Son remplacement par une unique nouvella intitulée Le Vent dans l'Ouvroir, apporte une nouvelle cohésion à l'ensemble du recueil. En effet, ce superbe conte nous ramène au temps où les Parques n'étaient pas encore là, quand Moera était la seule et unique maîtresse du destin. Et nous assistons ici aux évènements tragiques qui ont conduit à la trinité des Parques telle que nous la connaissons, et telle qu'elle apparaît ailleurs dans cet ouvrage. Du "temps", nous passons ici à "l'éternité" et à la destinée. Cette novella inédite et la perspective qu'elle offre au lecteur de l'ensemble des nouvelles sont des raisons majeures pour la découverte (ou la redécouverte !) de cette collection. Outre le contenu qui passionnera tout amateur de mythe et de fantasy originale et inventive, on lira avec intérêt la postface de Natacha Giordano qui explore avec minutie les thèmes et l'oeuvre de l'auteur. De plus, on admirera la magnifique présentation de cet ouvrage : les maquettistes et les illustrateurs des éditions de l'Oxymore se sont une fois de plus surpassés ! Léa Silhol nous prouve encore une fois, après son roman La Sève et le Givre et son recueil Conversation avec la Mort, qu'elle est une conteuse hors pair, et un talent majeur des littératures de l'imaginaire d'aujourd'hui et de demain.
Christophe Duchet, site LeFantastique.Net
Des
histoires de fées, des contes cruels. Lorsque l'on pénètre
les différents univers contés si habilement par Léa
Silhol, le nôtre disparaît. Une brume discrète mais
infaillible nous entoure, nous isole dans ces mondes d'automne et de
douceur, d'hiver et d'amertume. Un même chemin les anime : un
décor, des acteurs, des vies qui se croisent ou se racontent.
Et puis, le lecteur s'achemine doucement, enveloppé par ces mots
si bien choisis, vers une fin qui glisse en nous un petit goût
amer, cruel. Léa Silhol a du talent, c'est incontestable. Mais
bien plus encore, il lui appartient un style profondément personnel.
On lui devine sa façon de travailler, de plonger dans les légendes
et mythes anciens, d'en ressortir seulement lorsque ceux-ci ont été
parfaitement assimilés. Ensuite, elle y greffe sa touche très
personnelle.
De cette rencontre naissent ces nouvelles, ici recueillies, où le lecteur peut, en toute confiance, se laisser engloutir. Mais attention, on n'en ressort pas indemne. Des questions restent, des souvenirs surgissent à nos mémoires. Nul titre n'aurait pu être mieux choisi : Contes de la Tisseuse. Car il s'agit bien de contes avec, inscrit dans la trame de chaque récit, une question, une morale. Tisseuse, comme l'auteure, qui tisse d'anciennes légendes son propre regard, ses propres pensées.
Mais qui tisse également autour de nos coeurs un fil solide, noir. Un fil qui l'enserre au fur et à mesure que le conte s'achève... Enfin, la diversité des histoires a cet atout de nous emmener d'Asie en Grèce antique, de l'an mille à l'Apocalypse, d'elfes en anges... Chacun y trouvera donc son histoire "préférée". Pour ma part, c'est sans nul doute "La Loi du Flocon", l'histoire de ce samouraï dont les tatouages cachent un secret magnifique. Et pour vous ?
Christophe Van De Ponseele, site LeFantastique.Net
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Léa
Silhol fait partie de ces auteurs dont on peut d'emblée dire
qu'ils ont "un style". Dès les premières phrases,
il est évident qu'elle aime travailler les mots et - comme l'annonce
le titre de l'ouvrage - les tisser pour en faire un tissu poétique
et sensuel, délicat et chamarré.
On pourra probablement ne pas être sensible à sa manière de faire chanter les phrases, et dans ce cas, il sera difficile d'entrer dans ses histoires. Mais pour ceux qui se laisseront envoûter, Les Contes de la Tisseuse ressembleront aux chants des sirènes, d'une beauté irrésistible mais loin d'être innoncente. Est-il utile de préciser que je fais partie des victimes, entièrement sous le charme ?
Chaque lecteur trouvera sans doute son propre intérêt dans ces nouvelles. Pour moi, leur attrait principal, outre l'écriture, réside dans une qualité de l'analyse psychologique. Qu'il s'agisse d'un monstre - une Gorgone... -, de Thanatos - la Mort elle-même - ou encore de Judas, Léa Silhol fait de ses personnages des êtres pensants et souffrants, capables de compassion et d'amour, des individus qui, bien qu'hors du commun, sont tout simplement bouleversants.
Le sous-titre, Cinq saisons et un élément, fait allusion à la façon particulière dont Léa Silhol a disposé ses nouvelles, par triptyques dédiés à chaque saison - y compris à une cinquième, le Temps -, tous traversés par l'eau, l'élément symbole de vie, de fluidité, peut-être l'élément féminin par excellence. Cette disposition pourrait paraître artificielle, mais elle s'impose sans peine, témoignant de l'unité du recueil. Pourtant, presque paradoxalement, chaque conte est riche d'une atmosphère si particulière qu'il est difficile d'en lire plusieurs à la suite : on préfèrera les déguster un par un, afin de s'en pénétrer et de profiter pleinement de leurs saveurs subtiles.
Bref, un magnifique recueil qui ne donne qu'une envie... celle de voir maintenant ce que le talent de Léa Silhol pourrait nous offrir à l'échelle d'un roman.
Pascal Patoz, 22 février 2001, site nooSFere
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Ce
recueil est plus qu'une simple édition augmentée des Contes
de la Tisseuse (éd. Nestiveqnen). Léa Silhol
a fait de ce livre l'objet de toute beauté dont elle rêvait.
Deux éditions alternatives, deux couvertures signées Jean-Sébastien
Rossbach ou Christopher Shy, six illustrations intérieures de
Dorian Machecourt, c'est un véritable livre d'Art, construit
en cinq parties : quatre saisons composées chacune de trois nouvelles,
plus une novella inédite.
Nous rencontrerons des Fées, craintes des hommes (Frost, A l'image de la Nuit), et des Fay qui les fuient (Runaway Train), nous voyagerons à travers le Japon (La Loi du Flocon), le XIXième siècle (A l'Ombre des Ifs Foudroyés), le folklore russe (Un Miroir de Galets) ou la pure imagination (Couleurs d'Automne, En Tissant la Trame).
La mythologie gréco-latine est source d'inspiration pour Léa Silhol qui la complète à merveille. La Gorgone Enfant décrit les affres d'une jeune immortelle. Les Promesses du Fleuve brode sur la captivité de la Mort. Dans Le Coeur de l'Hiver, une fille raconte son enlèvement. Enfin, Le Vent dans l'Ouvroir, dévoile les origines d'un Mystère.
Léa Silhol sculpte son texte à coups de métaphores. Elle ose les phrases à peine esquissées ou ciselées, sculptées à outrance. Ce faisant, elle transmet les émotions de ses personnages avec un style de toute beauté.
Lucie Chenu, 24 février 2004, site Mauvais Genres
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